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Le RN souhaite exonérer de droits de donation les transferts parent-enfant jusqu’à 100 000 € tous les 10 ans

par administrateur | Fév 6, 2026 | Donations & transmission de son vivant | 0 commentaires

le rassemblement national propose d'exonérer de droits de donation les transferts parent-enfant jusqu'à 100 000 € tous les 10 ans, facilitant ainsi la transmission de patrimoine.

La fiscalité des successions en France a souvent l'allure d'un parcours du combattant, où chaque haie sautée correspond à un formulaire administratif rempli. En 2026, le débat revient sur le devant de la scène avec une vigueur renouvelée, portée par des propositions qui font frémir les calculettes des notaires. L'idée phare qui agite les dîners de famille et les réunions de gestion de patrimoine est celle du Rassemblement national (RN), qui remet sur la table une promesse alléchante pour les familles : faciliter le ruissellement du capital vers les jeunes générations. L'objectif est clair, net et précis : permettre aux parents et aux grands-parents d'aider leur descendance de leur vivant, sans que le fisc ne vienne prélever une part trop gourmande du gâteau. Jordan Bardella, fidèle à sa ligne directrice, souhaite dynamiter le délai de rappel fiscal, ce fameux compteur qui tourne actuellement sur 15 ans, pour le ramener à une décennie tout rond. Une mesure qui, si elle semble technique au premier abord, pourrait changer la donne pour l'achat de la première résidence principale de millions de jeunes Français.

En bref :

  • Réduction du délai de rappel fiscal de 15 ans à 10 ans pour les donations.
  • Maintien de l'abattement de 100 000 euros par enfant pour chaque parent.
  • Explosion du plafond pour les grands-parents : passage de 31 865 € à 100 000 € par petit-enfant.
  • Volonté politique affichée de favoriser le pouvoir d'achat immobilier des jeunes actifs.
  • Ciblage prioritaire des classes moyennes et populaires pour éviter la "taxe sur la mort".
  • Suppression envisagée des impôts sur les héritages directs pour les patrimoines modestes.

L'abaissement du délai de rappel fiscal à 10 ans : une révolution pour la transmission

Imaginez que vous puissiez offrir une somme conséquente à vos enfants, et que le compteur fiscal se remette à zéro plus vite que prévu. C'est exactement le cœur de la proposition du RN. Actuellement, le système français fonctionne sur une mémoire de 15 ans. Si vous donnez aujourd'hui, vous devez attendre une décennie et demie pour redonner sans payer de droits. C'est long. C'est le temps qu'il faut pour qu'un nouveau-né passe son brevet des collèges. La réforme propose de ramener ce délai à tous les 10 ans.

Concrètement, cela signifie qu'un couple de parents pourrait transmettre, en cumulé, 400 000 euros (200 000 par parent à deux enfants, par exemple) tous les 10 ans sans verser un centime à l'État au titre des droits de donation. Cette accélération de la rotation du capital vise à injecter de l'argent dans l'économie réelle via les jeunes ménages, souvent à l'âge où ils ont besoin d'un apport pour acheter leur logement. C'est une mesure de politique fiscale qui joue sur la vélocité de la monnaie familiale. Au lieu d'attendre l'héritage (qui arrive souvent quand les héritiers ont eux-mêmes 50 ou 60 ans), l'argent circule quand il est le plus utile.

Le mécanisme est simple : on garde l'abattement actuel de 100 000 euros, mais on appuie sur le bouton "reset" plus souvent. Pour les familles qui disposent d'un patrimoine, c'est une opportunité de lisser la transmission et d'éviter les droits de succession massifs au moment du décès. Cela demande une certaine gymnastique intellectuelle pour ne pas se tromper de date, mais l'avantage fiscal est indéniable.

le rn propose d'exonérer de droits de donation les transferts parent-enfant jusqu'à 100 000 € tous les 10 ans, visant à alléger la fiscalité des successions familiales.

Le coup de pouce majeur des grands-parents : l'exonération boostée

Si la mesure concernant les parents est significative, celle touchant les grands-parents est carrément spectaculaire. Jusqu'à présent, un grand-parent pouvait donner 31 865 euros à chaque petit-enfant tous les 15 ans. C'est précis, c'est administratif, et franchement, ça ne paye pas un studio à Paris, ni même un garage à Bordeaux en 2026. La proposition de Jordan Bardella fait sauter ce verrou en alignant le régime des grands-parents sur celui des parents : 100 000 euros d'abattement.

Cela change tout. Un couple de grands-parents avec quatre petits-enfants pourrait théoriquement transmettre 800 000 euros en totale franchise d'impôt tous les 10 ans (100k x 2 grands-parents x 4 petits-enfants). C'est une stratégie de transfert intergénérationnel massive. L'idée sous-jacente est que les seniors détiennent une grande partie du patrimoine immobilier et financier en France, tandis que les jeunes peinent à s'endetter. En ouvrant les vannes de la donation grand-parentale, le RN espère débloquer l'épargne dormante.

Bien entendu, tout le monde n'a pas 100 000 euros à donner à chaque petit-enfant. Mais qui peut le plus peut le moins. Cette mesure permettrait à des familles de classe moyenne supérieure d'aider aux études, au premier achat ou au lancement d'une entreprise sans la friction fiscale habituelle. C'est une incitation forte à se démunir de son vivant, ce qui, psychologiquement, n'est pas toujours simple, mais fiscalement très avantageux.

Comparatif : L'ancien régime fiscal face à la proposition Bardella

Pour bien saisir l'impact de ces changements sur votre portefeuille et celui de vos héritiers, rien ne vaut un bon vieux tableau comparatif. On voit souvent passer des promesses en l'air, mais ici, la mathématique est implacable. Le passage de 15 à 10 ans, couplé à l'augmentation des plafonds pour les grands-parents, crée un différentiel de transmission énorme sur une vie humaine (disons sur une période de 30 ans).

Type de Donation Règle Actuelle (2024-2025) Proposition RN (2026) Gain Potentiel
Abattement Parent-Enfant 100 000 € tous les 15 ans 100 000 € tous les 10 ans Fréquence accrue de 33%
Abattement Grand-Parent 31 865 € tous les 15 ans 100 000 € tous les 10 ans +68 135 € par donation + fréquence
Délai de rappel fiscal 15 ans 10 ans 5 ans de gagnés à chaque cycle
Cible prioritaire Tous patrimoines Classes moyennes et modestes Optimisation fiscale facilitée

Ce tableau montre clairement que l'effet de levier est maximum pour les familles où les grands-parents sont encore présents et solvables. Sur une période de 30 ans, sous l'ancien régime, on pouvait faire deux donations. Avec le système proposé, on passe à trois. C'est mathématique, c'est fiscal, et c'est surtout beaucoup d'argent qui reste dans la poche de la famille plutôt que de partir dans celle de Bercy.

Stratégies patrimoniales : comment anticiper ces changements ?

En matière de gestion de patrimoine, l'anticipation est la mère de toutes les vertus (et des économies). Si cette réforme passe, elle nécessitera de revoir intégralement les calendriers de transmission. Il ne s'agit plus d'attendre que "ça se passe", mais d'être proactif. Pour les familles possédant des actifs spécifiques, comme des terres ou des entreprises, la donne est encore plus complexe. Il est d'ailleurs crucial de se renseigner sur les spécificités, par exemple en consultant les seuils d'exonération pour les successions agricoles, car le foncier obéit souvent à ses propres règles du jeu, parfois encore plus avantageuses si on sait s'y prendre.

Une bonne stratégie consisterait à "prendre date". Dès que la loi est promulguée, effectuer une donation, même minime, pour enclencher le compteur des 10 ans. De plus, il ne faut pas oublier le démembrement de propriété. Donner la nue-propriété tout en gardant l'usufruit (pour habiter la maison ou toucher les loyers) réduit la valeur fiscale de la donation. Avec un abattement renouvelé tous les 10 ans, on peut transmettre la nue-propriété d'un bien immobilier par tranches successives, rendant l'opération quasi indolore fiscalement.

Cependant, attention aux effets de bord. Vouloir trop optimiser peut parfois créer des tensions familiales dignes d'une tragédie grecque. "Pourquoi Pierre a eu 100 000 et pas moi ?" est une phrase qu'aucun parent ne veut entendre au repas dominical. Pour naviguer dans ces eaux troubles, il est essentiel d'anticiper sa succession pour éviter les conflits, car l'argent, s'il ne fait pas le bonheur, fait très souvent les disputes.

L'impact politique et social : une mesure pour les classes moyennes ?

Le RN vend cette mesure comme un bouclier pour les classes moyennes et modestes. L'argumentaire est rodé : les ultra-riches ont déjà leurs holdings, leurs assurances-vie luxembourgeoises et leurs armées d'avocats fiscalistes pour contourner l'impôt. Ce serait donc le Français moyen, celui qui a remboursé son pavillon toute sa vie, qui se ferait "tondre" au moment de transmettre le fruit de son labeur. En proposant cette exonération massive, le parti cherche à séduire cet électorat qui craint le déclassement de ses enfants.

Jordan Bardella insiste sur la suppression des impôts sur les héritages directs pour les familles modestes. C'est une posture populiste au sens politique du terme : parler au peuple de son portefeuille. Mais est-ce réaliste ? Les critiques fusent souvent sur le coût d'une telle mesure pour les finances publiques. Moins de recettes fiscales signifie soit moins de services publics, soit plus de dette, soit d'autres impôts ailleurs. C'est le principe des vases communicants de la fiscalité.

Néanmoins, l'argument de la circulation du capital tient la route économiquement. Si l'argent dort sur des comptes d'épargne de seniors qui consomment peu, il ne produit pas de croissance. S'il est transféré à des jeunes qui doivent s'équiper, se loger et élever des enfants, il retourne immédiatement dans le circuit économique. C'est un pari keynésien venant d'un parti de droite : stimuler la demande par la transmission familiale.

Les démarches administratives : le diable se cache dans les détails

Supposons que la mesure soit effective. Ne croyez pas que vous pourrez simplement faire un virement bancaire intitulé "Cadeau fiscal" et oublier l'affaire. L'administration française a une passion dévorante pour les formulaires Cerfa. Pour bénéficier de cet abattement de 100 000 euros renouvelable, il faudra impérativement déclarer le don manuel ou passer par un acte notarié. L'acte notarié est obligatoire pour les biens immobiliers (évidemment) et fortement recommandé pour les grosses sommes afin de "fixer la date" de manière incontestable.

Le transfert doit être enregistré. Si vous donnez de la main à la main sans rien dire, non seulement vous ne déclenchez pas le compteur des 10 ans (puisque le fisc n'est pas au courant), mais vous risquez un redressement si l'administration tombe dessus plus tard (au décès, par exemple). Le fameux "rappel fiscal" s'applique à toutes les donations de moins de... 10 ans (dans le nouveau système). Si vous avez "oublié" de déclarer une donation il y a 8 ans, elle sera réintégrée dans le calcul de la succession et taxée au prix fort.

Il faudra donc être rigoureux. Conserver les preuves, les actes, et suivre le calendrier. C'est un peu comme gérer un carnet de vaccination, mais avec beaucoup de zéros. La simplification du délai (10 ans, c'est plus facile à retenir que 15) pourrait aider, mais la bureaucratie reste la bureaucratie. Et n'oubliez pas que les règles peuvent changer à nouveau si la majorité politique bascule, d'où l'intérêt de sécuriser les opérations rapidement.

Pourquoi cette mesure séduit-elle autant en 2026 ?

Nous sommes en 2026, et le contexte économique a évolué. L'inflation a grignoté l'épargne, et l'immobilier reste à des niveaux stratosphériques dans les grandes métropoles. Pour un jeune couple, acheter sans l'aide de la "banque familiale" est devenu une mission quasi impossible. C'est là que la proposition du RN tape dans le mille. Elle ne parle pas de théorie économique abstraite, elle parle de la possibilité concrète d'aider son enfant à avoir un toit.

L'aspect psychologique du "000 euros" (cent mille) est fort. C'est un chiffre rond, symbolique. Pouvoir dire "je te donne 100 briques" (en anciens francs, pour les nostalgiques) sans que l'État ne prenne sa part est un argument électoral puissant. De plus, la société vieillit. Les grands-parents vivent plus longtemps, et souvent, ils voient leurs petits-enfants galérer financièrement alors qu'eux-mêmes ont fini de payer leur maison. Le verrou des 15 ans et le plafond bas pour les grands-parents étaient perçus comme des injustices anachroniques.

En réduisant la friction fiscale, on transforme la solidarité familiale en outil de politique économique. Bien sûr, cela favorise ceux qui ont de l'argent à transmettre, ce qui soulève la question éternelle de l'égalité des chances à la naissance. Mais pour les familles concernées, c'est une bouffée d'oxygène bienvenue dans un environnement fiscal souvent jugé étouffant.

Les pièges à éviter lors de la donation parent-enfant

Attention tout de même à ne pas confondre vitesse et précipitation. Avec ce nouveau délai de tous les 10 ans, on pourrait être tenté de donner le maximum tout de suite. Mais il faut garder de quoi vivre ! L'espérance de vie augmente, et les coûts liés à la dépendance (EHPAD, aides à domicile) explosent. Se dépouiller trop vite pour optimiser la fiscalité peut se retourner contre le donateur s'il se retrouve sans ressources à 85 ans.

Il faut aussi veiller à l'égalité entre les héritiers. Si vous donnez 100 000 euros à l'aîné pour son appartement en 2026, il faudra être capable de donner l'équivalent au cadet quand il en aura besoin, ou alors tout rééquilibrer au moment de la succession finale. Sinon, le parent-enfant relationnel risque de prendre un coup de froid polaire. La donation-partage reste l'outil royal pour figer les valeurs et éviter que les fluctuations du marché immobilier ou boursier ne créent des injustices a posteriori.

Enfin, méfiance sur les montages trop exotiques. Le fisc veille au grain et dispose désormais d'outils d'IA (ironie du sort) pour traquer les abus de droit. Rester dans les clous de l'abattement légal est la voie la plus sûre. Profiter de la baisse à 10 ans est un droit, abuser du système pour dissimuler des actifs est un délit. La frontière est parfois fine dans l'esprit de certains contribuables créatifs, mais elle est très claire pour le contrôleur des impôts.

La mesure des 10 ans est-elle rétroactive ?

Non, en général, les lois fiscales ne sont pas rétroactives de manière favorable sur les délais déjà écoulés, mais elles s'appliquent aux nouvelles donations. Si la loi passe en 2026, une donation faite en 2018 pourrait ne pas bénéficier immédiatement du nouveau délai, il faudra attendre les décrets d'application pour les détails de la transition.

Peut-on cumuler les abattements parents et grands-parents ?

Absolument. Un enfant peut recevoir 100 000 € de chaque parent et 100 000 € de chaque grand-parent (selon la proposition RN) simultanément, sans impôts, tous les 10 ans. C'est le principe du cumul des abattements par donateur.

Que se passe-t-il si je dépasse les 100 000 euros ?

Si vous donnez plus que l'abattement, le surplus est taxé selon un barème progressif. Pour les donations en ligne directe, cela commence généralement autour de 5% et monte rapidement à 20%, 30% voire 45% pour les très grosses sommes.

Cette exonération concerne-t-elle aussi les biens immobiliers ?

Oui, l'abattement s'applique à la valeur des biens transmis, qu'il s'agisse de cash, d'actions ou d'immobilier. Pour l'immobilier, il faut passer par un notaire qui calculera les droits éventuels après déduction de l'abattement.

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